Le cimetière Juif de Beyrouth
par Nagi Georges Zeidan
La communauté juive libanaise
La majorité des Juifs libanais vivaient à Beyrouth, la capitale, mais encore au 19e siècle il y avait
des petites communautés à Saida (Sidon), à Tripoli et dans quelques villages de la montagne libanaise. En 1911 on comptait 5,000
Juifs à Beyrouth tandis qu'en 1948 il y en avait 24,000. De nombreux Juifs Ashkénazes faisaient aussi partie de la communauté
de Beyrouth. Les Juifs vivaient en bonnes relations avec leurs voisins. Ils commencèrent à émigrer lorsque la guerre civile
éclata en 1958. Ils trouvèrent refuge en France, en Israël et en Amérique du Nord. L'émigration devint massive à la reprise de
la guerre civile en 1975. Aujourd'hui il ne reste plus que 30 Juifs à Beyrouth et les seuls vestiges rappelant une présence
juive à Beyrouth sont la synagogue Maguen Abraham et le cimetière juif.
Le cimetière de Beyrouth
Ce cimetière se trouve à Ras El Nabé. La première personne enterrée là fut le Rabbin Moïse Yedid Levy
en 1829. Cette année peut donc être considérée comme la date d'ouverture du cimetière.
En 1857, le gouvernement Ottoman voulant élargir la route reliant Beyrouth à Damas, l'entrée et une
partie du cimetière furent endommagées. De ce fait, l'entrée fut déplacée et aménagée près de la section où se trouvent les
tombes les plus anciennes.
Le terrain initial était petit, la communauté ne comptait alors que 150 âmes. En grandissant la
population juive eu besoin d'un plus grand terrain. La place manquant, il est possible qu'à un certain moment les cercueils
aient été superposés. De nouvelles parcelles avoisinantes furent acquises progressivement.
3.300 personnes environ y sont enterrées.
Pendant la guerre civile (1975-1990) le cimetière juif de Beyrouth fit fonction de ligne de
démarcation des forces phalangistes qui, plus tard, devinrent les forces libanaises. Ces dernières minèrent partiellement
le cimetière dans le but d'empêcher leurs adversaires de l'utiliser comme chemin de traverse. A la fin des hostilités l'armée
libanaise démina entièrement le terrain. Au cours de la guerre des tombes furent touchées par les roquettes et les bombardements.
Le cimetière n'est pas entretenu mais n'a jamais été profané.
La base de données
Elle comprend 3,184 tombes, quelques 200 autres comprennent des inscriptions illisibles. La période
couverte commence en 1829 et se termine 2009.
Pour chaque tombe le chercheur trouvera les renseignements suivants:
- Le nom de famille et le prénom du défunt
- Le prénom du père du défunt lorsqu'il fait partie de l'inscription
- Le nom de famille de l'époux/épouse du défunt
- Le prénom de l'époux/épouse du défunt
- Le genre du défunt
- La date de décès grégorienne
- La date de décès hébraïque
- L'age du défunt lors du décès
- Le matériau (ciment, pierre, marbre) de la tombe et son état tel qu'il était en 2003
- Des notes biographiques
La difficulté majeure de ce projet a été le déchiffrage des inscriptions:
- Les inscriptions sur certaines tombes de pierre sont difficilement lisibles.
- De nombreuses tombes de marbre ont été fracassées soit par le manque de soins soit par les bombes tombées dessus.
- Les inscriptions sur les tombes en ciment (à partir de 1904) sont pour la majorité un mélange d'hébreu, de français et d'arabe.
La vérification des données dans les registres de l'état civil libanais a permis de déchiffrer ou de
compléter quelques noms.
Ce travail de mémoire n'aurait pu être mené à bien sans le dévouement et l'aide précieuse de
- Monsieur Alain Farhi et son site Les Fleurs de l'Orient www.farhi.org
- Madame Mathilde A. Tagger, spécialiste de la généalogie sépharade
- Monsieur Cecil Dana, natif de Beyrouth et ses souvenirs
Qu'ils trouvent dans ces lignes l'expression de ma profonde appréciation et de mes remerciements les
plus sincères.